Un mystère appelé George Santos


J’ai consacré lundi un billet à George Santos, ce candidat républicain qui a réussi à se faire élire à la Chambre des représentants dans une circonscription de Long Island malgré ce qui semble être un florilège de mensonges concernant son parcours universitaire, sa carrière professionnelle, ses déclarations financières et ses activités caritatives, entre autres. Comme cette histoire révélée par le New York Times n’est pas sur le point de mourir, j’arrêterai un instant sur un des plus grands mystères entourant cet homme qui a déjà eu des démêlés judiciaires au Brésil, pays d’origine de ses parents (il a volé et utilisé un chéquier appartenant à un homme dont sa mère s’occupait).

En 2020, Santos a déclaré au fisc américain des revenus de 55 000 $. De toute évidence, il ne roulait pas sur l’or. On peut même penser qu’il en arrachait depuis quelques années. Après tout, il avait été poursuivi en justice dans deux actions d’expulsion distinctes pour des arriérés de loyer relativement modestes – environ 2 500 $ dans un cas et un peu plus de 10 000 $ dans l’autre. Au cours des années suivantes, une société d’investissement pour laquelle il travaillait a été accusée de gérer une chaîne de Ponzi de 17 millions de dollars. Santos n’a pas été inculpé dans cette affaire.

Or, sa situation financière a changé de façon spectaculaire en 2022, du moins sur papier. En septembre dernier, il a fait état dans un document officiel d’un revenu annuel de 750 000 $ provenant d’une société immobilière possédant 13 propriétés. Il a également revendiqué des bénéfices allant de 1 à 5 millions de dollars. Et il a prêté 700 000 $ à sa campagne électorale.

Mentir aux électeurs sur son parcours académique ou ses dons caritatifs n’est pas un crime. Mais mentir à propos de la source de ses revenus, surtout si ces revenus augmentent de façon mirobolante en l’espace de deux années, c’est une autre histoire. Pour le moment, les déclarations financières de Santos demeurent entourées du plus grand mystère. Car l’intéressé a refusé toute entrevue concernant ses mensonges allégués ou confirmés, se contenant d’une déclaration risible à la fin de laquelle Winston Churchill se voit attribuer la paternité d’une déclaration qui appartiendrait plutôt à Victor Hugo :

Aux prises avec une rébellion au sein de son groupe, Kevin McCarthy, chef des républicains de la Chambre des représentants, n’a pas encore commenté la situation de Santos. Un responsable républicain du comté de Nassau, où Santos a été élu, a cependant déclaré que ce dernier devait répondre aux « sérieuses » allégations du Times. Quant aux démocrates, ils affirment que les révélations du Times prouvent qu’il est « inapte » à servir comme représentant.

(Photo Getty Images)




We will be happy to hear your thoughts

Leave a reply

Shopping cart